Les arts martiaux traditionnels sont-ils encore efficaces?

Combat

Publié le par Eric Garnier Sinclair

Reportage Dragon magazine n°7

Les arts martiaux traditionnels sont-ils encore efficaces?

Dans le magazine Dragon N°7, une question fut posée à travers un reportage. A l’heure du car Jacking, du vol à l’italienne, de la piraterie routière, de l’immoralité civique grandissante, de l’indifférence … Les arts martiaux traditionnels sont-ils encore efficaces? Au niveau pédagogique et éducatif, oui, les arts martiaux traditionnels sont efficaces car ils peuvent être une béquille pour tous les jeunes en mal de repères. Quant à l’efficacité au sens propre, les professionnels de la sécurité vous répondront par un non massif. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre.

 » Les arts martiaux traditionnels sont-ils encore efficaces? Sont-ils toujours adaptés à la réalité du terrain? La réponse est claire et sans équivoque pour les grands Maitres et pour les professionnels de la sécurité. Non … Pourquoi ? En plus de « l’émasculation » des techniques efficaces pour des raisons sportives et politiques, la majorité des écoles « modernes » a occulté la partie « psychologie », privilégiant la compétition et les médailles, devenant pour une grande partie un art de combat « Canada dry », (slogan célèbre des années 80 pour la promotion d’un soda, « ça la couleur de l’alcool, le goût de l’alcool… mais ce n’est pas de l’alcool »).

Un aigle, aussi puissant soit-il, ne peut attraper « une mouche avec ses serres ». De Masaaki Hatsumi à Wang Xiang Zhai, de Yang Jwing Ming à Minoru Mochizuki, tous les grands Maitres du 19 et 20e siècle ont tiré le signal d’alarme. « Le dernier des géants » Minoru Mochizuki, qui fut assistant des Maitres Ueshiba Senseï (fondateur de l’aïkido) et Jigoro Kano (fondateur du judo)  déclarait ainsi:

« Je pense que le jour où les arts martiaux Japonais seront devenus des sports ils seront morts. Les sports mettent l’accent sur l’amusement de gagner et de risquer de perdre et même l’aspect d’éducation physique prend une importance secondaire. Ils sont complètement dépourvus d’une formation de la personnalité. Ce n’est pas le cas des disciplines martiales. Si le fleuve des arts martiaux japonais venait se perdre dans la mer des activités purement sportives, ils seraient sans le moindre doute pollués de façon irrémédiable avant d’avoir fait cent mètres« .

Ces Maitres ne mâchent pas leurs mots et ils ne sont pas les seuls. Les « anciens » ne se reconnaissent plus dans le système actuel basé sur la compétition et les honneurs et regrettent les valeurs inculquées par leurs maitres. La majorité a remisé le keikogi dans la naphtaline. Ces affirmations vont faire grincer les dents mais toutes les vérités sont bonnes à dire, c’est nous qui ne sommes pas tous bons pour les entendre. Elles sont comme les étoiles: On ne les voit pas tout le temps, mais elles sont toujours là !

En France, ceux qui dénoncent les dérives commerciales, la désinformation et la mystification des arts martiaux ne sont pas légion. Ceux qui osent critiquer ou défier un système sont mis « au placard » persona non grata comme le fut Maitre Mochizuki auprès du Kodokan. On ne tue pas la poule aux oeufs d’or. Néanmoins, un petit groupe de professeurs, issu des arts Sino-Japonais, Russes ou Thaïlandais a rejoint la ligne directrice des Maitres cités ci-dessus. Professionnels de la sécurité, forts de leurs expériences, ils dénoncent ces dérives qui dénaturent les arts de combat,  gommant au passage l’essence même du Bushido. Ils estiment que trop d’éléments incontournables sont négligés pendant les entrainements: Ils ont décidé de jeter le pavé dans la mare des dogmes d’un système estimant qu’il est nécessaire de rompre avec les idées reçues construites sur le mercantilisme et l’égocentrisme. Ils rappellent le rôle primordial de l’intuition, des instincts naturels, de l’expérience, de la psychologie, du rôle important du cerveau et du mental, mais également celui de la voie privilégiée que constituent la méditation, la santé, la connaissance de soi, le dépassement de la dualité… Le défi est de permettre l’union de ces intelligences indispensables à la compréhension de la voie, en différenciant le rêve de la réalité, refusant la banalisation du sport et de ses dérives. La science du combat n’est pas une sinécure. Maître Wang Xiang Zhai, l’un des plus Maîtres Chinois du 20 e siècle le répétait sans cesse … voilà presque un siècle.

« Savoir se défendre, fortifier le corps et l’esprit sans négliger la spiritualité est l’essence même d’un véritable art martial, digne de ce nom »

« Nulle chose n’est compréhensible que par son histoire » (Pierre Teilhard De Chardin)

Les arts de combat étaient très pointus en Europe pendant des siècles.

Les racines des arts martiaux Européens remontent à la Grèce antique (pancrace). Les soldats d’Alexandre le Grand, étaient réputés pour leur dextérité en arts martiaux. Des écrits anciens comme le codex Wallenstein (1512) signé Albrecht Dürer, prouvent que l’enseignement des maitres d’armes de l’époque était très perfectionné: D’autres ouvrages tels ceux de Hans Talhoffer, Fiore de Liberi, l’allemand Lichtenauer, Ott, la confrérie d’escrime et de lutte appelée Marxbrüder, le livre « Art de la lutte » de  Fabian von Auerswald, ( 1539), celui de Nikolaus Petter publié en 1674, (avec 71 croquis ressemblant comme deux gouttes d’eau au jujitsu originel des Japonais) confirment le niveau extraordinaire du combat … Nul doute qu’un combattant « moderne » aurait connu de « réels soucis » en combat réel face aux Grecs, aux Gaulois, aux ruffians, aux bandits, aux luttes paysannes  ou face à la savate du maître d’armes Michel Casseux dit Pisseux.

Pendant la deuxième guerre mondiale, la question de l’efficacité a poussé les scientifiques nazis au Tibet pour trouver des secrets afin de créer des  « super » soldats invincibles. Pendant ce temps, les Japonais, handicapés par leur taille (à l’époque 1m55 -1m60) enregistraient de nombreuses pertes face aux Américains (au corps à corps) malgré leurs connaissances en arts martiaux. Ils décidèrent de fonder  l’unité 731  avec « l’aide » des grands Maitres du Budo réquisitionnés de gré ou de force. Le but avoué était l’efficacité à tout prix sur les champs de bataille, enrayer les pertes face aux GI’s, grâce entre autre, à l’étude des points vitaux.

Après 1945, les recherches sur la psycho énergétique furent poursuivies par l’URSS et les Etats-Unis notamment. Dans de nombreux pays, la transmission des vrais arts de combat a été stoppée « grâce » aux techniques de désinformation et de mystification, souvent éradiqués sans aucune forme de procès avec leurs sources par les gouvernements ou les militaires (Chine, Russie …). La compétition basée sur des règles et des codifications a achevé le travail, défigurant au passage les arts martiaux.

Pourquoi les arts martiaux auraient-ils perdu leur efficacité par rapport aux arts des siècles passés?

Les facteurs sociologiques ont joué un grand rôle. Jadis, les Maitres Japonais « encourageaient » leurs élèves à combattre dans la rue et nombreuses sont les anecdotes à ce sujet. Eux mêmes avaient combattu en tant que soldat (Musachi, O senseï, Wang xiang zhai, Mochizuki…). Les Russes notaient tous les « problèmes techniques rencontrés » sur les champs de bataille pour les « corriger ensuite » (techniques, nourriture, tactique, vêtements, climat …). La déroute des troupes Allemandes en Russie fut un copier coller de celle de Napoléon, (la négligence de la configuration du terrain et du climat).

L’adage « Mieux vaut connaitre 10 « techniques » qui marchent que 100 qui ne fonctionnent pas » est plus que jamais d’actualité. Nous avons donc posé la question à ce groupe, composé de professionnels de la sécurité (policiers, portiers, gardes du corps, militaires …). Leurs réponses s’appuient sur leurs expériences communes acquises sur le terrain et reposent  sur des arguments solides également étayés par les témoignages scientifiques et historiques. Voici les principaux points trop souvent ignorés dans les dojo, des conclusions parfois inattendues comme l’hématophobie, les malaises vagaux, le Freezing, le comportemental, le formatage de l’esprit, la synergologie ou la perte du temps de nos réflexes par rapport  à nos arrières grands pères (confirmée par la science depuis peu), les certitudes, l’inexpérience et la réalité du terrain, l’ignorance, l’impatience, la route des 2 peurs, les 8 ennemis qui nous guettent, la thermorégulation et la déshydratation …

L’art martial véritable

– Plusieurs points importants sont négligés dans les entrainements modernes, axés sur les résultats et les chiffres. Un élève doit être plus sensibilisé aux principes qu’aux techniques, il doit savoir déchiffrer l’aspect comportemental, mettre en avant les agents stressants positifs, apprivoiser la respiration, apprendre la relaxation synonyme de puissance permettant l’union du corps et de l’esprit. Le corps sans l’esprit est sans utilité.
« Pour apprendre un art, il faut avant tout comprendre ses principes et ensuite le pratiquer avec persévérance. Si l’on ne comprend pas les principes, on fera fausse route et plus l’on s’exercera, plus fâcheuses en seront les conséquences. C’est la raison pour laquelle beaucoup de gens qui apprennent un art, lecture ou calligraphie par exemple, ont des débuts prometteurs dans l’enfance, mais stagnent désespérément une fois adultes. On pourrait multiplier les exemples » déclarait Maitre Wang Xiang Zhai, l’un des Maitres les plus célèbres dans le monde. A propos des arts martiaux qui utilisaient les théories des 5 éléments, il ne faisait pas dans la dentelle:

« Dans un combat décisif ou tout se joue en une fraction de seconde, comment peut-on prendre le temps de penser à ces stupidités? Si l’on ne mène sa contre-attaque qu’après avoir mûrement réfléchi, on sera battu avant même d’avoir pu riposter. Et ceux qui doutent de ce que je dis peuvent demander l’avis des boxeurs qui ont vécu des combats désespérés. Je suis sûr qu’ils seront alors convaincus. Dans une lutte sans merci, la morale n’a pas sa place. On doit retenir 6 mots clés : résolution, courage, cruauté, prudence, fermeté et précision. Dans un combat, l’on doit être prêt à tuer ou à mourir… »

– Un art martial doit développer la confiance en ses propres capacités, le but principal n’est pas de développer les points forts, mais surtout de faire attention aux points faibles. Parce que ce sont eux qui nous feront tuer. Trop d’écoles de self défense baignent dans la mystification et la désinformation. Faire silence sur tout ce qui peut les déranger est une politique commune établie sur les règles de la société. Baden Powell répétait souvent qu’il ne fallait se contenter du « qu’est-ce que c’est », mais il fallait essayer de savoir le « pourquoi » et le « comment ».

– En combat réel l’essentiel est d’apprendre à ne pas se faire tuer, on ne dispose pas de quelques minutes, pas même de quelques secondes, c’est encore trop long. C’est dans l’instant que tout se joue ! D’ou le précepte de Minoru MOCHIZUKI  « Il faut toujours s’attendre à l’inattendu ».

« Sans compréhension des principes fondamentaux de la boxe et sans faire appel aux capacités instinctives du corps, les désillusions seront grandes en cas de combat sans merci car on n’a pas le temps de réfléchir » (Maitre Wang)

« Un style réellement efficace est toujours le fruit d’une patiente recherche de base » (Jigoro Kano,  fondateur du judo).

– La ligne directrice est la compréhension de la notion d’instant et de la notion de durée, si bien expliquée par O sensei. Jadis la majorité des arts martiaux privilégiait une réponse « instantanée » à une situation inattendue, la notion de l’instant; Mais aujourd’hui, ils obéissent à la durée, régis par des règles (compétitions) et des lois, gommant ainsi l’efficacité de la réaction en temps réel.

– Il faut insister sur la séparation distincte des « 4 voies du « combat »: Il y a 72 ans, Sifu Wang Xiangzhai donnait une interview dans un journal Chinois. Il s’inquiétait pour la préservation du patrimoine des arts martiaux en chine. Déjà à l’époque, il déclarait « Nos arts martiaux sont en pleine confusion. En un mot, on a rejeté l’essentiel mais gardé le rebut. »

Diviser en quatre parties l’art martial moderne

1/ L’entrainement = complaisance avec les partenaires d’entrainement
2/ La compétition = régie par des règles sur la durée
3/ La rue = régie par un code de la rue, celui qui a raison est celui qui rentre chez lui avec ses attributs
4/ La guerre =  Game over, la partie est définitivement perdue…

Les deux premières citées sont une notion de durée et les deux dernières une notion d’instant, soit la différence entre la réussite et l’échec en temps de paix, ou la vie et la mort en temps de guerre.

Le combat

On peut être un piètre compétiteur et un remarquable combattant de rue et réciproquement. On se souvient de l’histoire de Mohamed Ali, qui reçut une raclée dans une ruelle. Il invita la même personne sur un ring avec les règles de la boxe Anglaise. Cette dernière reçut à son tour une mémorable « leçon ».

Le code de la rue et celui de la compétition sont totalement différents.

– « La seule chose qu’il faut craindre, c’est la crainte elle-même. La plus grande partie des concepts dont se sert le mental fonctionnent dans la dualité. Elle est une source constante de faux problèmes qui engendre les conflits, la mystification, la désinformation. Apprendre à changer la vision de dualité par la vision d’unité en vidant les pensées et les émotions  » … Il faut enseigner la relaxation primordiale du corps et de l’esprit, le contrôle des peurs et de la douleur, des gestes de défense sans fioriture basés sur la biomécanique humaine. Pour comprendre un art de combat, il faut avant tout épouser ses principes et ensuite le pratiquer avec relaxation. Si l’on ne comprend pas les principes, on fera fausse route et plus l’on s’exercera dans la dualité en contractant le corps, plus fâcheuses en seront les conséquences.

– Jadis, le combat faisait partie intégrante de la vie quotidienne. Les moeurs étaient différentes, la société aussi, l’insécurité plus présente, aucune technologie moderne, de surcroît les instincts naturels étaient plus développés, les réactions et les réflexes de survie également.

– Le fait de se mettre en garde est une information pour votre agresseur.

– La maitrise de l’énergie de notre corps est liée à la maitrise de notre état psychique.

– L’équilibre véritable n’est pas la raideur, ni la contraction. Il faut les abolir en travaillant la biomécanique.

– Il faut retenir l’essentiel.

– Toujours s’attendre à l’inattendu » sans devenir paranoïaque pour autant.

– Il y a 4 niveaux de combat: Physique, mental, émotionnel et spirituel. Il faut provoquer la mort de  « la peur de son égo » car un homme sûr de lui est un homme sans défense, dangereux pour lui-même et pour les autres.

– L’économie des mouvements et la décontraction sont des éléments primordiaux au combat. La relaxation engendre la puissance.

– Délester la charge émotionnelle

– Faire du « copier coller », imiter ses professeurs vous amèneront un jour ou l’autre dans une impasse, ou pire à une cruelle désillusion en cas de conflit réel. Si vous êtes dans une barque dépourvue de rames, aussi belle soit-elle,  finit toujours par tourner en rond.

– A part de rares exceptions, elles enseignent des codifications, se basant techniquement sur les lois mécaniques. Sur le tatami, ces techniques fonctionnent avec le bon vouloir du partenaire. Mais elles  peuvent se révéler dangereuses pour l’utilisateur en situation réelle.

–  » Ceux qui rendent les autres impuissants sans combattre sont les meilleurs de tous »

– Rien ne vaut les réponses instinctives ancrées dans les engrammes. Gommer les gestes parasites. Le cerveau peut être notre meilleur allié comme notre pire ennemi. Etre à l’écoute de son corps, des signaux d’alerte,

– On n’apprend pas à nager avec un manuel.

Le mental, être acteur
– « Notre société a perdu le contact avec l’esprit car nous fonctionnons principalement sur le mode de la logique. Nous voulons tout analyser et éprouvons des difficultés à museler l’esprit logique et à écouter notre être intérieur, notre être primitif, ce qui étouffe notre instinct et notre intuition. » (Maitre Wang)

– L’apaisement réside en chacun de nous, il suffit de lancer votre intention et le corps fera le reste. A condition d’apprivoiser son égo et ses peurs.

– Montrer des signes de faiblesse renfonce le mental de l’adversaire mais parfois cela peut être une ruse pour mieux profiter de l’occasion.

– Sans le mental, vos Dan, vos médailles, vos diplômes et le meilleur matériel du monde vous seront inutiles. Vous devrez apprendre à « apprivoiser » votre cerveau tri-unique (égo, peurs, panique…) sinon vous serez victime des effets néfastes tels, les peurs de l’inconnu, le freezing, l’effet « tunnel » de l’agressé, (aussi de l’agresseur en cas d’effet miroir)…

– Avoir le contrôle sur les émotions et le comportement n’est pas à la portée de tout le monde.

– La tranquillité de l’esprit est le niveau le plus élevé de l’accomplissement.
« L’une des clés est d’apprendre à calmer l’esprit pour qu’il oscille à des fréquences inférieures au rythme alpha » déclare Jerry Alan Johnson, l’un des grands maitres occidentaux en art interne.
« Négliger l’entrainement de l’esprit et du mental est une grave erreur. Pour progresser, on doit se libérer de nos attentes, de « nos cadres de compréhension ordinaire ». Il est inconcevable de travailler uniquement les blocages et les obstacles physiques sans travailler conjointement sur les blocages psychologiques et émotionnels. Un manque de conscience de cet entrainement entraine des certitudes et freine la progression. Pénétrer le mental de votre adversaire est un atout indéniable. Vous pourrez lui envoyer des  fausses informations et surcharger son système nerveux. La self défense n’est qu’un véhicule dont le chauffeur est l’égo ».

– Le général Sun Tzu écrivait  » si vous connaissez les autres et vous connaissez vous-même, vous n’encourrez aucun danger lors de centaines de batailles; si vous ne connaissez pas les autres mais que vous vous connaissiez, vous en gagnerez une et en perdrez une; si vous ne connaissez ni les autres ni vous même, vous serez en danger lors de chaque bataille. Une opération militaire nécessite la tromperie. Même si vous êtes compétent, ayez l’air incompétent. Même si vous êtes efficace, ayez l’air inefficace. Utilisez l’humilité pour rendre les autres hautains. Les bon guerriers incitent les autres à venir les trouver et ne vont pas vers les autres« ;

–  » Etre acteur, appâter avec la peur, fait tomber les défenses. Le corps et le mental sont contrôlés par l’émotion et l’esprit. Si quelqu’un est dominé par sa colère ou sa peur, il subira une stagnation de son énergie, donc confusion, perte des codifications enseignées dans les salles. La colère et la haine engendrent l’excitation qui engendre à son tour les négligences, voir la mort. Une personne détendue, sans émotion, le flux de son énergie sera non obstrué, donc un mental clair et puissant car il n’ y aura plus de tensions et plus de noeuds musculaires qui obstruent les émotions et l’esprit. »

– Dans un « conflit », « un adversaire qui ne se domine pas sur le plan émotionnel sera plus facile à contrôler qu’un autre qui possède une maîtrise complète de ses émotions et est guidé par son esprit/intention »

Refuser la dualité

Dans le site « Philosophie et spiritualité », Serge Carfantan déclare à juste titre « que nous sommes incapables d’affirmer la Vie dans son intégralité et de la reconnaître dans toutes ses manifestations parce que nous n’avons jamais appris à penser autrement que dans la dualité. Nous ne savons pas mettre chaque chose à sa juste place et repenser les contraires dans l’unité des complémentaires. En raison d’une éducation complètement faussée par les faux semblants, les occidentaux ont appris à se résigner par avance. Pour une très grande majorité, la vie est une lutte. Cet état de fait est désormais ancré dans la pensée. La dualité partout présente crée des blocages énergétiques et engendre des peurs. Les gens deviennent stressés, tendus, agressifs, la tête enfouie dans les épaules. Le stress engendre la contraction qui engendre à son tour la raideur des muscles, des problèmes psychologiques et des maladies parfois mortelles »

L’humilité et l’unité en toutes circonstances

– Assimiler que la survie, le combat, la santé, la spiritualité est un tout indissociable. Le lama tibétain Dondrup Dorje disait: « Quand un grain de sel tombe dans l’eau, il n’est plus qu’un grain de sel, il devient uni avec l’eau, avec tous ses atomes ». Si vous comprenez cela, alors vous avez fait un grand pas vers l’humilité, indispensable pour aborder le combat et la survie. « La Vie, dans son processus vivant, dans son expansion dynamique est une et sans division ».

La codification du mouvement

– Développer ses instincts. Trop de pratiquants se focalisent sur la posture et le mouvement physique occultant la présence du mental et des facteurs psychologiques.

– Maitre Wang écrivait dans les années 30 que   » Les mouvements enchaînés et les soi-disant méthodes qui ont servi, depuis le début de la dynastie des Qing il y a 300 ans, à distraire les profanes et à faire vivre les charlatans, ne sont que des parades creuses. Cette sorte de rebut, qui est non seulement inutile mais même nuisible au cerveau, aux nerfs, aux muscles, en bref au corps tout entier, entravant ainsi les fonctions normales de celui-ci. D’un point de vue pratique, ces effets néfastes sont encore plus graves. Ces soi-disant méthodes vont à l’encontre de l’objectif même de la boxe, rester en bonne santé et pouvoir se défendre. Dans un combat, ceux qui donnent des coups violents sans recourir à ces méthodes et à ces séries de mouvements peuvent l’emporter ; mais ceux qui les utilisent échoueront à coup sûr. Dans tout domaine de connaissances, l’important est d’unir la théorie et la pratique. Quand on acquiert une théorie, on doit pouvoir la mettre en pratique, et quand on pratique un art, on doit connaître sa théorie. Sinon, il s’agirait d’une illusion pure et simple. Théorie et pratique se complètent. Dans un combat sans merci, on n’a pas le temps de réfléchir, il n’est pas question de démontrer une théorie« .

– A propos de la codification du taiji chuan, Maitre Wang et bien d’autres Sifu refusaient les nouvelles formes enseignées.

« Cette multiplication des postures est l’une des principales raisons de la dégénérescence du taiji quan. Appliquée au combat, elle entrave le fonctionnement des organes et des muscles. Dans d’autres domaines, sa pratique n’aboutit qu’à faire perdre du temps et à troubler l’esprit. Quant aux mouvements caractérisés par un désordre de coups de poings et de pieds, ils sont vraiment ridicules… »

Le cerveau, meilleur ami et meilleur ennemi. Les réactions face à une agression …

– « La négligence ou la méconnaissance des “effets naturels déclenchés” par le cerveau paralysent et inhibent toute réaction… (douleurs abdominales, bouffées de chaleur, réactions épidermiques, rythme cardiaque accéléré…) en cas de situation dite « hors normalité » (les agressions, physique, psychologique, ou verbale, les évènements naturels soudains…) ».

– « Certes chaque individu réagit différemment mais lorsqu’il reçoit un stimulus extérieur, il entre dans une phase de choc. Elle va provoquer la stimulation d’une zone située à la base du cerveau, qui va secréter de l’adrénaline. Elle agit comme un stimulant physique et mental, accélère la vitesse de la respiration, dilate les pupilles et accroît le rythme cardiaque. Mais en excès, elle rend nerveux et peut entraîner la paranoïa. » On ne peut également ignorer la fonction des neurotransmetteurs qui agissent dans le cerveau et leurs effets diffèrent selon la zone d’activation. Il en résulte, la peur, le Freezing, l’effet tunnel, la panique, la « paralysie instantanée », les agents stressants négatifs… Ces éléments naturels sont les pires ennemis des professionnels de la sécurité, qu’ils soient pompiers, policiers, militaires, gardes du corps, portiers de discothèque … »

Robert Paturel ancien négociateur au RAID et champion d’Europe de boxe Française, l’explique dans « Boxe de rue », son dernier ouvrage.

 » Les recherches montrent que notre capacité à fonctionner sous les effets du stress est directement liée à une hausse du rythme cardiaque. A 115 battements / minute, la plupart des gens commencent à perdre les fonctions motrices fines. Les talents qui demandent une coordination ou une dextérité des doigts vont commencer à devenir difficile à réaliser. Alors que le rythme augmente à 145 battements par minute et plus, notre corps va commencer à réduire l’efficacité de certaines fonctions qu’il considère être moins essentielles à notre survie pendant le temps du stress, cela incluant les effets sur la vue et l’ouïe, ainsi que des altérations de certaines zones du cerveau. La chose à se souvenir est qu’en combat, nos battements cardiaques peuvent passer de 70 à 220 battements par minute en moins de 10 secondes. Un tel cas peut déclencher un état d’hyper vigilance ou un blocage. Au minimum, notre capacité à prendre des décisions sera sévèrement altérée. D’autres recherches suggèrent que le rythme cardiaque idéal pour une réponse fonctionnelle en combat, permettant le maximum de temps de réaction et la maintenance des principes moteurs grossiers, se situe dans une zone de 114-145 battements par minute. »

C’est pour cette raison que les Russes en systéma insistent sur la relaxation, le relâchement et la respiration, véritable pierre angulaire de cet art de combat. Néanmoins en hypothermie, en hyperthermie, ou en déshydratation, les facteurs énoncés sont faussés. « En cas de stress prolongé, (dans une situation dite « hors normalité ») la panique va s’installer …mains moites, pâleur, tremblements des membres supérieurs et inférieurs. Ce sont des réactions naturelles de l’organisme. Le seuil de panique franchi engendre des réactions anormales parfois dangereuses voir mortelles. » Effectivement le cerveau se « dérègle », les tensions s’accumulent et vous feront faire des choses illogiques. Alors se défendre avec les codifications inculquées dans une salle …Faut pas rêver.

– Votre premier ennemi est vous-même. Les étudiants devraient étudier les situations de survie volontaires pour comprendre la situation psychologique et agir en conséquence, réveiller les instincts …face au danger. On n’apprend pas à faire du vélo avec un livre.

– Le cerveau, mature à l’âge de 30 ans, ne représente que 2 à 3% du corps. Pourtant le traitement de l’information est le plus grand consommateur en énergie au niveau cérébral: 80 000 pensées / jour, 15 à 20% de l’énergie quotidienne utilisés. Il est beaucoup plus actif la nuit que le jour. La théorie du cerveau tri unique de Mac Lean est aujourd’hui controversée et la totale indépendance des 3 cerveaux clairement distincts rejetée par de nombreux scientifiques.

Le comportemental

– On ne met pas assez l’accent sur l’aspect comportemental dans les dojo. Dans son dernier livre, « Boxe de rue », Robert Paturel consacre un large chapitre au comportemental (la peur, le stress  et ses effets, la conduite à suivre …) rappelant au passage cet adage très important « Il y a des gens qui sont faits pour combattre et ceux qui passent leur vie à se préparer ».

– Apprendre à lire le langage du geste (synergologie)

– Apprendre le décodage du corps (yeux, tremblements, transpiration, couleur de la peau…)

– Apprendre à communiquer: « 55% de la communication entre deux personnes passe par le langage du corps, la position et les mouvements (communication non verbale), 38% dans le ton de la voix et son débit (communication para verbale), 7% de la communication se compose des mots et de leurs sens (communication verbale) » (Robert Paturel)

Les agents stressants négatifs et les effets naturels de l’organisme face à une agression sont un frein à l’efficacité des arts martiaux.

– La peur omniprésente, accentuée par des médias avides de sensations, empoisonne l’existence des occidentaux. Peur de la vie, peur des autres, peur de nous-mêmes, une peur de la peur diffuse qui jonche le sol de l’inconscient collectif. Confinée dans une prison intérieure, les gens vivent avec des jugements souvent articulés sur des préjugés, des croyances, des désinformations, des rumeurs, des apparences … Les arts martiaux sont également touchés par cette désinformation.

– Ne jamais enserrer son esprit dans les certitudes confortées par les diplômes, les médailles et les grades.

– C’est un éventail de peurs qui fabrique les agents stressants négatifs.

– Il existe des agents stressants négatifs et des agents stressants positifs.

– La réflexion est un danger dans la notion de l’instant.

– Il faut ventiler et gérer les émotions grâce à la respiration trop souvent négligée à l’entrainement.

– On doit utiliser l’adrénaline comme une alliée pour désensibiliser le stress

– Le stress est mis en action par l’agmydale limbique.

L’éveil des sens, réveiller les instincts

– « Tous les sens doivent être en éveil sinon sans gestion du stress, vous devenez animal et vous réagirez comme tel ».
– « La meilleure arme face au danger c’est l’instinct, car l’instinct permet d’anticiper ». Réveiller les instincts et les sens qui sont enfouis en vous. Ceux-ci vous serviront n’importe où, à n’importe quel moment.
– Sans repère logistique propre aux sociétés modernes, on doit retrouver ses repères, ses instincts enfouis dans les engrammes. Face à la nature, la biomécanique et la proprioception naturelles doivent s’adapter à la géographie des lieux, au monde végétal, minéral et animal, au climat, à la situation présente.
– « Déployer son instinct. Si le corps n’est pas détendu, la respiration est obstruée, l’énergie stagne, l’esprit se disperse et l’âme est perturbée. Au lieu de mettre l’accent sur les mouvements enchainés (tao lu, kata …), il faut insister sur l’entrainement de l’esprit, de l’énergie et de l’habilité corporelle, ainsi que sur celui de la coordination et de l’élasticité musculaire. »

– Vos 5 sens naturels doivent être en éveil permanent. Somme toute, vous devez affronter votre pire ennemi …Vous-même, votre cerveau.
L’éducation civile et religieuse
– Elles sont un frein à une réaction normale et naturelle, elles engendrent les agents stressants négatifs, la peur, l’angoisse, la panique, la paralysie des instincts …

Il faut savoir varier les rythmes de vie pour « assimiler un art martial »

Dans une société de confort

– « Avec les cadences effrénées, sans résonnance entre les différents tempos de la vie, nous sommes au bord de l’implosion car les occidentaux se limitent à un mono rythme qui engendre les agents stressants, la dépression, la maladie voir le suicide. Dans ce monde obéissant aux lois de l’instantané,  l’homme va droit dans un mur ».

– Dans notre société de consommation, nous sommes confrontés à un éventail de pensées et d’émotions, capables de nous sauver … ou de nous perdre.

– L’homme est censé être Maître de sa vie, en fait il est devenu l’esclave de ses pensées. En se focalisant sur le matérialisme, le superficiel et les faux-semblants, nous n’avons plus aucune conscience de la notion d’inconfort.

– Nos sociétés modernes en perte de repères et de valeurs nous incitent à la facilité et à l’assistanat. Quelles seront vos réactions face à une agression (physique, verbale, psychologique…), face à une catastrophe naturelle, face à une guerre civile et urbaine, face à la faim et à la soif …?

– Attention, la vie n’est pas un restaurant mais un buffet, levez-vous pour vous servir … Apprenez à désapprendre et à être patient.

«C’est la vie qui nous apprend et non l’école. La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n’est pas qu’elle dure longtemps, mais qu’elle soit bien jouée.»

Les hommes vont être de moins en moins intelligents (étude publiée dans la revue Intelligence)

– Première théorie: Les hommes seront de moins en moins intelligents dans le temps. Des scientifiques  ont constaté que « le temps de réaction du cerveau face à un stimulus visuel avait beaucoup baissé avec les années, un indicateur négatif du niveau d’intelligence ».

– La deuxième théorie: D’autres scientifiques ont remarqué « que l’homme a perdu de son intelligence à cause du progrès technologique ». Vivant dans un monde de confort absolu, il n’a plus besoin de combattre pour survivre et stimulent moins qu’avant ses capacités intellectuelles ». « La diminution de l’intelligence avait déjà commencé à l’époque où l’homme a commencé à vivre dans les grandes villes et a eu accès à une réserve stable de nourriture, quelques 5000 à 12 000 ans en arrière » déclare Gerald Crabtree, professeur à l’Université de Stanford (USA).

Le temps de réaction …

Nécessité de développer les auto réflexes naturels,  savoir respirer:

– Baisse du Q.I. occidental de 14 points depuis la fin du XIXème siècle extraite de la publication dans dans la revue Intelligence.

« Les hommes étaient plus intelligents à l’époque victorienne que ne le sont les populations modernes. Selon cette étude, le temps de réaction moyen d’un homme en 1889 était de 183 millisecondes, alors qu’il était de 253 millisecondes en 2004.»

– La respiration est trop souvent négligée, hors c’est la base angulaire indispensable pour contrecarrer les agents stressants négatifs qui engendrent les tensions. La respiration est l’élément moteur d’une réponse appropriée dans une situation dite « hors normalité ».

– Certains s’évanouissent à la vue du sang

C’est un élément complètement occulté. Si vous saviez le nombre de pères de famille qui « tournent de l’oeil à un accouchement à la vue du sang.
« La vue du sang peut provoquer chez certaines personnes des malaises vagaux allant jusqu’à l’évanouissement, C’est ce qu’on peut appeler l’hématophobie, soit une peur irrationnelle du sang ».

Apprivoiser l’égo, une condition indispensable pour éviter une « mésaventure » du moi je.

– Ne pas mettre l’égo en veilleuse est un frein à la progression et un pas vers la désillusion, voir la mort. Le travail sur l’ego va être une des premières épreuves capitales de la traversée. C’est lui qui empêche les hommes d’être égaux. Swâmi Râmdâs disait que « l’égo n’est qu’une ombre, une obsession et une illusion. Toute vie est une – et c’est toi-même. ». Somme toute il rejoint l’idée de la loi Caycienne de l’unité. Cette loi, gage de réussite, est la porte qui mène à l’Okuden, l’autre versant de la montagne.

Ne pas éliminer les peurs, mais les apprivoiser, développer les agents stressants positifs

– Ne pas éliminer les peurs, mais les apprivoiser, développer la confiance en vos propres capacités, mettre en avant les agents stressants positifs, gommer les besoins et les mauvais réflexes ancrés dans les engrammes, désamorcer les tensions, base de la relaxation qui engendre la puissance.

– Le but principal n’est pas de développer les points forts, mais surtout de faire attention à nos points faibles… Parce que ce sont eux qui nous feront tuer.

La sélection naturelle

– « Ne pratiquez pas un art martial ou la survie pour tuer le temps, Mais plutôt pour que le temps ne vous tue pas. » Certains comprennent le message, d’autres pas …C’est de la sélection naturelle ».

– « Il y a des gens qui sont fait pour combattre, d’autres qui passeront leur vie à se préparer. » En clair, il existe des combattants « sans peur et sans reproche » et des hommes qui malgré des années de pratique paniqueront à la première sortie de route de la normalité.

L’enseignement en question … Sont-ils à « la hauteur »?

– Ne pas répéter une méthode comme un perroquet,

– Maitre Wang: « La cause de ce phénomène réside dans le fait que leurs maitres n’enseignent pas correctement et, qu’eux-mêmes, au lieu de rechercher inlassablement la vérité, suivent aveuglément les autres, c’est à dire qu’ils apprennent ce qu’apprennent les autres et répètent ce qu’ils disent. La raison en est que la plupart de ces gens-là sont à la fois ignorants et curieux. Même si on leur disait la vérité, ils seraient incapables de la comprendre, et même s’ils la comprenaient ils ne pourraient pas changer. La méthodologie et les mouvements enchainés leur permettent d’en jeter plein la vue et en ce qui concerne les enseignants, leur servent de moyen de vivre. Mais il y a plus grave, eux-mêmes ignorent ce qu’est la boxe. Ce qu’on doit apprendre à mon avis, ce ne sont pas des méthodes, mais les principes fondamentaux. On peut comparer les boxeurs qui apprennent mécaniquement les méthodes à appliquer, aux médecins médiocres qui n’apprennent que les ordonnances à délivrer dans certains cas. Ils ne peuvent traiter que si les maladies, par hasard, correspondent à leurs prescriptions. Sinon, ils seront démunis. C’est pourquoi ceux qui réduisent la boxe aux mouvements enchaînés commettent une grave erreur, car ils font passer le faux pour le vrai. Je regrette que les débutants d’aujourd’hui ne reçoivent pas une formation correcte malgré leur volonté de maîtriser l’art de la boxe. C’est la raison pour laquelle je suis décidé à démasquer les mensonges sans me soucier des conséquences. »

– Les écoles de self défense devraient aller au delà de la codification trop compliquée, irréelle. L’art martial s’adapte à l’élève et pas le contraire car nous avons tous un cerveau unique à l’instar de nos empreintes avec une logique et une manière de fonctionner propres à chacun. 10 000 moines, 10 000 religions.

– Les enseignants doivent se muer en chercheur, ne pas faire du copier coller.

– Trop de nouveaux pseudo Maitres sont plus prompts à faire du chiffre que d’enseigner les messages qu’ils sont censés véhiculés, encore faut-il qu’ils les connaissent !

La négligence et la méconnaissance de la biomécanique

– La biomécanique dans les arts martiaux se définit comme un art où l’économie des mouvements et la décontraction sont des éléments primordiaux au combat.

– L’emphase est placée principalement sur les 13 leviers du corps (coudes, poignets, genoux, hanches, cou, chevilles et épaules), ainsi que sur l’enseignement des points de pression et leurs applications de même que sur les renversements et projections.

– La biomécanique est un élément important trop négligé à cause d’une codification généralisée

– Se baser sur l’apprentissage de principes liés au combat qui favorisent l’improvisation en toutes circonstances.

La self défense moderne n’est pas adaptée à la vieillesse

– Il faut accepter, connaitre et comprendre les principaux processus naturels du vieillissement. La vieillesse n’est pas une fatalité. Il existe 3 formes de vieillissement: La forme naturelle, biologique et la pire, la forme psychologique.

– Avec l’âge, l’esprit change la technique et c’est réellement une modification de l’être dans sa totalité.

Conclusion

Le but de ce groupe de professionnels en sécurité (tous pratiquants) est de « réveiller ceux qui dorment, mobiliser ceux qui hésitent, outiller ceux qui cherchent, aiguiller ceux qui refusent la dualité et désirent élargir leur horizon. Ne dit-on pas que ce n’est qu’en hiver que l’on voit que pins et cyprès sont toujours verts ». La notion de l’instant est trop souvent négligée de même que les conséquences psychologiques déclenchées face à une agression. Somme toute leur message est « qu’on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre ». C’est dans l’adversité et la difficulté que se découvre votre vraie personnalité, dans une situation que les professionnels de la sécurité appellent « hors normalité ». Trop de professeurs semblent enseigner que le vernis d’un art martial. A qui la faute?

A l’instar des banquiers, certains Maitres vous prêtent un parapluie quant il fait beau et vous l’enlèvent quant il pleut. Aujourd’hui, beaucoup s’interrogent sur l’efficacité des arts martiaux dans une société de plus en plus violente, égoïste, régie par des règles pas toujours adaptées. Mais les sociétés occidentales sont plus sûres que celles de nos ancêtres.

Que faut-il faire?

D’après ce groupe, il faut renforcer la cohésion des éléments indissociables « naturels » avec des modules « techniques de survie ». Ceux-ci permettent une meilleure connaissance et le dépassement de soi. Ils apaisent l’esprit et favorisent l’équilibre physique et mental indispensable pour gérer et surmonter son stress, en toutes circonstances. Les élèves  sont confrontés à des situations en milieux naturels dans lesquels la vie est en danger, avec des cas concrets qui leur permettent de mettre en pratique les connaissances acquises. Exit les tatamis, la douceur et le confort d’une salle de sport. La configuration du terrain, la température, la visualisation, le climat, la psychologie comportementale, comprendre le mécanisme complexe du cerveau en situation dite « hors normalité », comprendre la route des peurs, les vices de l’égo, les dégâts des agents stressants négatifs sur le psychisme est un chemin parsemé de « cailloux »… … sont des facteurs rarement abordés dans un dojo.

Pourquoi choisir la nature? La vie ne peut être comprise qu’en remontant à sa source première. C’est un endroit idéal pour réveiller les instincts, réduire à néant le moi et l’égo qui engendrent des tensions, qui a leur tour engendre des erreurs d’appréciation. La relaxation est synonyme de puissance physique et mentale. Plus un entraînement sera réaliste, moins vous serez démuni(e) en situation de stress ou de survie réelle, urbaine ou en pleine nature. Comme le souligne John Wiseman, ancien instructeur chez les SAS:
« En survie, l’essentiel est d’apprendre à rester vivant. « En combat réel l’essentiel est d’apprendre à ne pas se faire tuer ! En combat réel comme en survie on ne dispose pas de quelques minutes, ni de quelques secondes, C’est encore trop long. C’est dans l’instant que tout se joue ! Dans la vie, 24 heures sur 24, il faut toujours s’attendre à l’inattendu, sans pour autant tomber dans la paranoïa »

La science du combat réel à l’instar de  la survie n’est pas une question de hasard, mais bien une question de préparation et d’anticipation. On ne s’improvise pas agent de sécurité ou/et garde du corps. On ne devient pas commando ou policier du RAID en 2 semaines. La sélection est stricte et s’appuie sur de nombreux éléments, techniques, physiques et psychologiques axés sur des principes. D’après ce groupe de « chercheurs » expérimentés, c’est l’une des seules issues offertes actuellement pour que les arts martiaux retrouvent la voie qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Certes, la compétition est un mal nécessaire ou un bien indispensable pour beaucoup de jeunes sans repère. Mais que diable, au nom du sport, arrêtons les faux semblants et les mensonges, arrêtons de dénaturer et de travestir les arts martiaux sous couvert « sécuritaire ». Le secret de polichinelle est connu de tous, seule la politique du chiffre domine la raison. Mais à quel prix ! Jadis, un vieux professeur de savate qui avait combattu dans les tranchées (guerre 1914-1918) à Verdun, au chemin des Dames, disait à propos de la dérive des arts martiaux:

« Mon garçon, quand tu remplaces les moutons par des veaux,

A un moment donné y’a pu d’laine ! ».

Il est temps que la génération des nouveaux enseignants s’inspire de cette phrase pleine de sagesse.

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 » Si tu penses être ton propre maître, alors tu es sûrement l’élève d’un imbécile »«C’est la vie qui nous apprend et non l’école. La vie est une pièce de théâtre : Ce qui compte, ce n’est pas qu’elle dure longtemps, mais qu’elle soit bien jouée.»
« Tôt ou tard, vous découvrirez que vous êtes le maître-jardinier de votre Ame,
le capitaine de votre vie ». (James Allen)